Propithecus diadema edwardsi
Propithèque de Milne-Edwards
American

Propithecus diadema edwardsiP1
Propithecus diadema edwardsi amid sehana

Identification

Le Propithecus diadema edwardsi est l'un des plus gros lémuriens de Madagascar (et c'est le plus gros dans le PNR). Il a le pelage principalement noir (ou brun foncé) avec une grosse tache blanche sur le bas du dos qui s'étend sur les côtés comme une selle.

Le Propithecus diadema edwardsi dans le PNR

Il y a au moins quatre groupes de P. diadema edwardsi dans le Système des Pistes de Talatakely du PNR, et parmi ceux-ci, deux ont été suivis depuis 1986 par Patricia Wright et ses guides. Les données suivantes proviennent principalement de son travail (Wright 1995), et de l'étude de Claire Hemingway à Vato (Hemingway, 1995).

Le territoire du Groupe II inclut la cabine de recherche et comprend: "verte orange" ou GO (Green Orange), une femelle reproductrice; "rose" ou P (Pink) un mâle reproducteur et leurs progénitures. Le group I est adjacent et plus visité par les touristes. "Sarcelle argenté" ou TS (Teal Silver) est une femelle reproductrice; "rouge" ou R (Red) est un mâle de 20 ans; "jaune argenté" ou YS (Yellow Silver), "brun" ou B (Brown) sont de plus jeunes mâles dans le groupe.

Charactéristiques Physiques

male female
Longueur de la tête & du corps 48cm 48cm
Longueur de la queue 44cm 46cm
Poids (Glander, 1992)
(change saisonnièrement & annuellement)
5.6kg 5.9kg

Cycle de Vie

P. d. e. mother & infant
P. d. e. mère et son petit en train de manger P2

P. d. e. infant
P. d. e. bébétP3

Le P. d. edwardsi s'accouple entre décembre-janvier et donne naissance entre mai-juillet (Wright 1995) (dans une année determinée, la période de naissance est d'environ 6-7 semaines, Hemingway, 1995) avec une période de gestation de 6 mois. La proportion des sexes à la naissance est approximativement 1:1. Au début, les petits sont portés sous le ventre, mais après 3 semaines, ils vont sur le dos et à partir de là, ils commencent aussi à manger seuls. N'importe quel membre du groupe peut porter un petit. Vers le 4ième mois, les petits commencent à manger de la vraie nourriture, la consommation de lait diminue de plus de la moitié vers le 6ième mois, et vers le 7ième mois, ils se déplacent seuls pour 80% du temps, après le 12ième mois, les petits n'ont pas été observés à téter (bien qu'une femelle en captivité ait continué à produire du lait jusqu'à 18 mois) (Wright 1995). Les naissances ont lieu quand la nourriture est peu abondante, de même pour la première lactation, tandis que le sèvrage coincide avec une période où il y a de plus en plus de nourriture. (Hemmingway, 1995, Wright 1999)

43% des petits meurt au cours de leur première année. De 5 morts infantiles observées de moins de 3 mois, 3 étaient des infanticides et 2 étaient dûes à la présence du prédateur Cryptoprocta ferox.  67% meurt avant d'atteindre l'âge de reproduction.

Les femelles peuvent donner naissance à un petit chaque année, mais en général, elles le font une année sur deux. Elles ne sont en oestrus qu'un jour par an. (Wright 1995)

Dans l'étude de Claire Hemingway à Vato, en moyenne, une femelle donnait naissance à .42 petit par an. Aucune femelle n'a réussi à élever 2 petits en 2 ans, mais plusieurs ont donné naissance pendant deux années de suite lorsque le premier petit mourait de bonne heure. La période la plus probable de mortalité infantile se produit vers la période de sèvrage. La reproduction du P.d.e. à Ranomafana est plus similaire à celle du P. verreauxi verreauxi dans le Sud sec que les espèces sympatric d'Eulemur. (Hemingway, 1995)

Les femelles sont à maturité sexuelle à 4 ans, les mâles à 5. Les mâles émigrent de leur groupe natal vers l'âge de 5 ou 6 ans, les femelles peuvent aussi émigrer vers l'âge de 4 ou 5 ans. Dans les groupes d'étude de Patricia Wright, 2 femelles à maturité ont disparu (émigré?) alors qu'une est restée dans son groupe natal (son père était mort) et y a reproduit. L'une des deux disparues était une cible d'agression par la femelle résidente reproductrice; on n'a pas observé de mâles pré-adultes étant harassés. Les femelles migrantes n'ont pas apparu dans les groupes voisins alors que les mâles migrants s'y sont installés, cela implique que les femelles émigrent plus loin que les mâles.Des mâles ont été observés à changer jusqu'à 4 fois de groupe.(Wright 1995)

Des 4 mâles migrants observés, 2 ont commis un infanticide dans le nouveau groupe qu'ils venaient d'entrer (l'un des deux a commis deux infanticides). Les mâles résidents n'ont pas tenté de défendre les petits et plus tard, ils ont été observés en train de faire leur toilette avec le mâle qui avait commis un infanticide. Dans un cas, une femelle non- reprodructrice a chassé le mâle immigrant. (Wright 1995)

Quelques uns ont vécu plus de 25 ans.

Locomotion

La locomotion se fait en s'accrochant verticalement et en faisant des sauts, en suspension (comme sur la photo ci-dessus à gauche).

Pde, en train d'observer P4
P. d. e. face

Régime alimentaire & Nourriture

A Talatakely, le P. d. edwardsi mange des feuilles 53% du temps, des fleurs 25%. des fruits 22%; il mange environ 20 espèces de plantes par jour. (Wright 1995)

Dans le groupe d'étude de Claire Hemingway, le Groupe I a mangé 83 espèces différentes de plantes, mais seulement 22% des espèces représentaient plus de 1% de leur temps passé à se nourrir. Les graines étaient leur source de nourriture préférée 38%, ensuite les fruits 29%, les feuilles 26% (19% pas à maturité, 6% à maturité) et les fleurs 6%, de la terre .4%, et de la moisissure souterraine.2%. Le Groupe II a mangé 73 espèces, parmi lesquelles 16% représentaient plus de 1% de leur temps passé à se nourrir. Les graines étaient leur source de nourriture préférée 32%, les fruits 32% et les feuilles 30%. Les feuilles pas à maturité étaient de nouveau leurs préférées (17% à 13%), et les fruits pas mûrs étaient préférés aux graines et aux sources de fruit (20% contre 12% et 18% contre14% respectivement). La plupart de la nourriture est trouvée dans la couverture de feuillage des arbres, mais tous les niveaux de la forêt (même le sol) sont utilisés. Les animaux sont descendus au sol seulement pendant quelques mois de l'année pour manger des fruits pourris ou des moisissures. (Hemingway, 1995)

Quand il n'y a pas de fruits et de graines, les feuilles deviennent la nourriture de base; les sources principales de feuilles sont Bakerella sp. (un gui aussi consommé par le Microcebus rufus, et par le Philepitta castenea), Schefflera sp. (hemi-epiphyte), Plectaneia sp. (liana), et Strongylodon sp. (liana). (Hemingway, 1995)

Quelques différences entre les deux sexes sont évidentes pour le temps passé à se nourrir avec des graines, des fruits ou des feuilles, mais pas pour les principales espèces de nourriture, ou la fréquence pour se nourrir ou les caractéristiques d'activité. En général, aucune partie de plante est plus consommée par les mâles que les femelles; pendant quelques mois, il y avaient des différences (qui ont été inversées au cours des autres mois). Notamment, les différences de nourriture n'étaient pas plus importantes pendant les mois où la nourriture est peu abondante et où les femelles ont un besoin énergétique plus important. La variation de nourriture pour un individu est plus importante que celle entre les deux sexes. (Hemingway, 1995) Cela suggère que la priorité/dominance pour se nourrir ne donne pas de meilleur régime alimentaire pour les femelles que les mâles (une explication possible pour la dominance des femelles chez les lémuriens).

Partage de nourriture

Les mères laissent les petits et les jeunes jusqu'à l'âge de 2 ans se nourrir avec elles. (Wright 1995)

Cycle d'activités

Le P. d. edwardsi est diurne.

Prédateurs

Le fossa (Cryptoprocta ferox)
mange le P. d. e. (Wright et al, 1997, Wright 1995, Wright 1998)
Propithecus diadema edwardsi
Les mâles sont connus pour commettre des infanticides lorsqu'ils entrent dans un nouveau groupe. (Wright, 1995)
Rapaces
En présence de rapaces, les goupes de P. d. e. lancent des aboiements comme appel d'alerte et ils descendent vers une couverture de feuillage plus basse. (Wright, 1998).
L'homme

Le P. d. edwardsi a plusieurs adaptations pour éviter les prédateurs, la plus évidente étant leur couleur discrète. Ils ont des appels d'alerte différents pour les prédateurs aériens et ceux au sol (mammifères). L'appel aérien est beaucoup plus bruyant que celui au sol, un grand aboiement qui peut durer jusqu'à 15 minutes. Quand un animal commence l'appel, les autres arrêtent ce qu'ils étaient en train de faire, regardent en l'air, descendent au sol et se joignent à lui.

Personne n'a observé de rapace attaqué le P.d.e., on se demande si, de nos jours, un rapace serait assez gros pour le faire. Des pré-fossiles d'un gros aigle (disparu depuis peut-être 500 ans), Stephanoaetus mahery, a été trouvé et cela pourrait expliquer la réaction du P.d.e.envers les rapaces (Goodman, 1994), d'autre part, les rapaces sont certainement assez gros pour prendre les petits et les jeunes de l'année. Le P.d.e. lancera un appel d'alerte quand il verra n'importe quel gros rapace dans le parc (Polyboroides radiatus, Eutriorchis astur, Accipiter henstii et Buteo brachypterus). Les pré-adultes et les jeunes de l'année feront quelquefois des erreurs et lanceront un appel d'alerte pour d'autres gros oiseaux (comme par exemple un ibis), mais les adultes ne se joindront pas à eux.

Pendant la journée, le P.d.e. descendra dans une couverture de feuillage plus basse pour se reposer, et il remontera pour se nourrir, et cela est certainement aussi une stratégie pour éviter les rapaces.

L'appel d'alerte pour le prédateur au sol (qui pour l'oreille humaine, a le son d'un éternuement) est dirigé vers des animaux terrestres inconnus (comprenant l'homme). Un animal commence l'appel, alors les autres animaux se joignent à lui et les appels peuvent durer jusqu'à 8 minutes,  après cela, ils s'enfuient rapidement. La seule fois où un Cryptoprocta ferox a été près du groupe de P.d.e., le groupe a lancé un appel d'alerte, mais la plupart des prédations du Cryptoprocta se produisent la nuit quand les animaux sont endormis et moins vigilants. Le P.d.e. essaie de minimaliser la possibilité de prédation en: dormant dans un site différent chaque soir, en dormant très haut dans les arbres, en dormant soit seul ou en paire (avec le reste du groupe dans les arbres environnants, avec peut-être 16m entre chaque paire) (Wright, 1998).

La plus grosse menace observée pour l'adulte P.d.e. est le Cryptoprocta ferox, tandis que la plus grande menace pour les petits est l'infanticide commis par les mâles P.d.e. immigrants.

Climat

Madagascar est exposé à de fréquents cyclones et Ranomafana n'est pas une exception. Ces cyclones peuvent empêcher les arbres d'avoir des fruits et ils peuvent tuer des jeunes lémuriens. (Hemingway, 1995; Wright, 1995)

Déplacement non-maternel

Hemingway rapporte que des mâles imprudents (mais pas ceux qui commettent les infanticides) peuvent laisser tomber les petits et de ce fait, les blesser (Hemingway, 1995)

Comportement

Dominance

La femelle P.d.e. est dominante.

La dominance des femelles n'empêchent pas l'infanticide. (Wright 1995)
Pde allongé sur une brancheP5
P. d. e. relaxes

Structure sociale

Les groupes semblent avoir 1 ou 2 mâles reproducteurs et 1 ou 2 femelles reproductrices, avec une taille de groupe entre 3 et 9. Les femelles peuvent être de la même famille (mère fille), les mâles ne le sont probablement pas.

Les groupes sont plutôt stables, et les paires reproductrices peuvent rester ensembles jusqu'à 6-10 années.

L'habitat couvre environ 70ha, distance moyenne parcourue quotidiennement: 1km. (Wright 1995)

Territorialité

Les groupes de Propithecus diadema edwardsi défendent leurs territoires. Ces territoires sont relativement stables au cours des années, et ils sembleraient indépendants de la taille du groupe. Vraisemblablement l'étendue de territoire est définie par la taille maximale du goupe, mais elle peut être défendue par un plus petit nombre en cas de besoin.

P. d. e. ranges*
Etendues approximatives des 3 goupes principaux de P. d. e. M1
Etendues MCP: 71ha pour Grp 1, 60ha pour Grp 2, 20ha pour Grp 3
Etendues utilisées: 58ha pour Grp 1, 42ha pour Grp 2, 19ha pour Grp 3
90% Contours: 26ha for Grp 1, 27ha for Grp 2, 27ha for Grp 3
(the 90% contour of group 2 consists of several contours)
(overlap between groups 1&2: MCP: 35ha, Area used: 10ha, 90% contour: ~3ha)
Mean Daily Path: 1.09km for Grp 1, 1.08km for Grp 2, .94km for Grp 3


Observed range for Group 1 over the years
Observed range size is correlated with hours of observation
Most hours in 90 and 95
Petit Pde en train de jouer P6

P. d. e. infant playing

Jeux

Les femelles adultes ne jouent pas quand elles ont des petits en dessous de l'âge de 3 mois (Grieser, 1992). Les jeunes de l'année et les pré-adultes adorent jouer ensemble, lutter avec un frère ou une soeur 2.5Mb V9 et faire des acrobaties 2.0Mb V10

Vocalisations

Marques de Fumet

Les mâles font souvent des marques de fumet aux endroits où les femelles en avaient déjà fait

Copulations

Les mâles essaieront d'embêter les autres mâles en copulant les femelles. Les jeunes de l'année n'ont pas été observés à le faire. Toute copulation observée n'a été qu'un seul saut. Les deux sexes ont été observés à solliciter les copulations.

Toilette

Faire sa propre toilette.7Mb V13 et faire sa toilette avec un autre sont tous les deux, chose courante 1Mb V14, et une séance de toilette tournera souvent en une période de jeu et de nouveau à un temps de toilette2.5Mb V9.

Sommeil

Les mères dorment fréquemment avec leurs jeunes, et leurs partenaires. Les mâles reproducteurs dormiront avec leurs progénitures.

Habitat

Le Propithecus diadema edwardsi se trouve dans les forêts tropicales humides de la côte Sud-Est de Madagascar. (Mittermeier et al, 1994).

Taxonomie

Mammalia -> Primata (Strepsirrhini, Lemuriformes) -> (Indrioidea)Indriidae -> Propithecus diadema edwardsi (Grandidier, 1871)

Il y a quatre sous-espèces nommées pour cette espèce. (Tattersall, 1986), on croyait qu'il y en avait une cinquième (P.d. holomelas) mais maintenant, on pense que c'est une variante de P.d.e.


Erhart, EM, Overdorff, DJ, 1998 "Infanticide in Propithecus diadema edwardsi: an evaluation of the sexual selection hypothesis", International Journal of Primatology, 19:(1) 73-81

Glander, KE, et al, 1992 "Morphometrics and testicle size of rainforest lemur species from southeastern Madagascar", Journal of Human Evolution, 22: 1-17

Goodman, SM, 1994 "Description of a new species of subfossil eagle from Madagascar. Stephanoaetus (Aves: Falconiformes) from the deposits of Ampasambazima", Procedings of the Biological Society, 107: p. 421-428

Grieser, B. 1992 "Infant development and Parental care in two species of Sifakas", Primates, 33:(3) 305-314

Hemingway, Claire Alison, 1995, "Feeding and Reproductive Strategies of the Milne-Edwards' Sifaka, Propithecus diadema edwardsi", Ph.D. dissertation, Duke University.

Hemingway, CA 1996. "Morphology and phenology of seeds and whole fruit eaten by Milne-Edward's sifaka, Propithecus diadema edwardsi in Ranomafana National Park." International Journal of Primatology 17: 637-659.

IUCN Conservation Monitoring Centre, viewed in July 2000, "Threatened Animals of the World", IUCN Red List of Threatened Animals

Mittermeier, Russell et al, 1994, The Lemurs of Madagascar, Conservation International

Rowe, Noel, 1996, The Pictorial Guide to the Living Primates, Pogonias Press

Tattersall, I., 1986, "Notes on the distribution and taxonomic status of some subspecies of Propithecus in Madagascar", Folia Primatologica, 46:51-63

Wright, P.C. 1999 "Lemur traits and Madagascar ecology: coping with an island environment." Yearbook of Physical Anthropology 42: 31-72.

Wright, PC, 1998, "Impact of Predation Risk on the Behavior of Propithecus diadema edwardsi in the Rainforest of Madagascar", Behaviour, 135(4): 483-512

Wright, P. C., et al 1997, "Predation on Milne Edwards Sifaka (Propithecus diadema edwardsi) by the fossa (Cryptoprocta ferox) in the rainforest of southeastern Madagascar", Folia Primatologica 68(1) 34-43.

Wright, PC, 1995 "Demography and Life History of Free-ranging Propithecus diadema edwardsi in Ranomafana National Park, Madagascar", International Journal of Primatology, 16:(5) 835-854

Wright, PC, 1988, "Social Behavior of Propithecus diadema edwardsi in Madagascar", American Journal of Physical Anthropology, 75(2) 289-289

Wright, PC, 1987, "Diet and Ranging Patterns of Propithecus diadema edwardsi in Madagascar", American Journal of Physical Anthropology, 72(2) 271-271


P. d. e. virtical cling
P.d.e..P7

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